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François &c. Lett. VIL 91
plus grand nombre refusa de prendre „part à cette libéralité, qu’ils trouvoient „aeshonnorante pour eux, comme s’ils a- „voient besoin de présens pour faire leur „devoir, & pour servir leur Roi. Feu Mr. „de Louvois ayant été informé de cette ac- „tion , les combla de louanges, & leur fit „distribuer à chacun une somme à la vue „des Troupes, & eut foin de les avancer „dans l’occafion. „
Pour revenir à la Lettre que vous m’avezfait l’honneur de m’écrire , je vous dirai quela conclusion m’a plus révolté que tout lereste. „ Mon dessein n’est point , dues- „vous , de refuser absolument le courage „aux François j mais je soutiens qu’il n’est pas „aussi brave Soldat que P Allemand. „ Si vousaviez dit qu’il n’est pas aujfì bon Soldat , peut-être vous l’aurois-je laissé .passer. Mais direqu’// ríefi pas aujji brave Soldat , c’est mor-bleu ! donner un souflet à la Raison & àl’Expérience de douze Siècles.
Je mets bien de la différence entre unbrave , & un bon Soldat. Le premier estvif, hardi, impétueux, allant au devant d upéril ; & c’est-là précisément le caractère duFrançois. L’ Allemand est plus lent, plus massif,mais plus ferme : il va rarement au devantdu péril ; mais quand il le trouve fur ses pas,il le soutient avec plus de constance & defermeté. Sa patience est admirable dans le
travail ;