François &c. Lett. X. i?7
comme dangereux & suspect d’Héréfie. Dece cóté-là , je trouve tous les François fort àplaindre : il suffit qu’un Livre contienne desVérités, pour qu’on lui en défende la lectu-re ; & asm de prévenir l’ardeur des Curieux,on a grand foin de fermer l’entrée du Royau-me à ces sortes d’Ouvrages ; c’est une espè-ce de Contrebande qui intéresse les Moines,qui font les Fermiers-Généraux de la Re-ligion.
11s ne savent non plus des affaires Politi-ques , que ce qu’il plaît à la Cour de leur enapprendre. Après la Bataille á’Hochjìedt , ilfut défendu d’en parler fur peine de la vie ;de forte que bien des François ignorent en-core qu’ils Payent perdue. La plupart s'ima-ginent que les Armées de France n’ont jamaisété battues, parce que c’est assez l’ufage cheznous d’allumer des Peux de joie , & de chan-ter des Te deurn , indifféremment pour lesDéfaites comme pour les Victoires. Dansles Lettres qu’on écrit à cette occasion àP Archevêque de Paris , on a soin d’y prépa-rer une relation, où vous comprenez bienqu’on n’a garde d’exprimer les pertes ; cene font que victoires & que triomphes. Laplupart des François ne lisant d’autres Gazet-tes que ces Lettres à P Archevêque de Paris ,ou les Te Deum que ceìui-ci fait chanter, iln’est pas étonnant qu’ils fe forment des faus-ses idées, étant auffi mal informés. Après
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