François &c. Lett. III. 17^
Armées, J’aime trop vôtre réputation, poursouhaiter que vous disiez jamais pareille cho-se devant des gens qui seroient un peu aufait de l’Histoire de France. J’avoue quetout le monde n’est pas obligé de la savoir :mais je crois qu’un homme sage ne doit pasen raisonner, quand il n’en a aucune tein-ture. Je ne vous dissimulerai pas que cetavis vous regarde ; & j’espère que vous ex-cuserez ma sincère liberté, en faveur de lapeine que je vai prendre de vous donner furce sujet des idées plus justes, que celles quevous avez.
J’avance d’abord une chose bien contrai-re à ce que vous pensez : c’est qu’il n’y apoint de Nation qui puisse compter autantde Rois guerriers que les François , je pour-rois moi-même vous en nommer plus de cin-quante. Depuis Pharamond jusqu’à Char-les V, on n’en trouve point qui se soitdispensé de commander ses Armées en per-sonne, si ce n’est Childeric, ditl 'Insen-sé , le dernier Roi du sang de C l o v 1 s ; en-core se trouva-t-il à deux Sièges, & à uneBataille, où, malgré son imbécillité , il nelaissa pas de combattre en brave. Enfin de-puis Charles V. jusqu’à présent, je n’ensache point qui ne se soit trouvé à quelqueAc-tion. Vous voyez donc bien que si la Ver-tu guerrière fait les grands Rois, HenriIV. n’est pas le seul Roi de France qui ait
mérité