i8ò Lettres sur les
Armées à un Petit-Maitre , qui n’a d’autremérite que de savoir bien danser : un telChef vous mène une Armée dans un lieuferré , où la Cavalerie n’est bonne qu’àregarder passer lìnfànterie par les armes.La Maxime est bien véritable , Ne Sutorultra crepidam. Pourquoi ne pas faire d’unpareil Général un Maître de Cérémonies, ouun Intendant de Bals ? Ou plutôt , pour-quoi ne pas créer en fa faveur une Char-ge de Généralissime de Danseurs , Volti-geurs de corde, & autres gens de pareilleprofession ?
Enfin un Roi sage & prudent doit fairechoix d’un bon Chef pour aller combattrel’Ennemi, tandis que dans son cabinet il aviseaux moyens de faire subsister ses Troupes fansfouler ses Peuples ; qu’il fera au dehors debonnes Alliances, maintiendra la tranquillitéau dedans, & y fera respecter les Loix. Voi-là précisément le devoir d’un véritablementgrand Roi. La bravoure & le courage sontde surplus, & nuisent souvent plus aux Peu-ples , qu’ils ne leur font avantageux.
La Clémence, mon Cher, est selon moi laprémière Vertu d’un grand Roi. On peut di-re qu’elle est héréditaire à ceux de France *& parmi une si longue fuite de Monarquesqui en ont occupé le Trône, vous n’en trou-verez pas un à qui la Postérité ait donnéle surnom de Cruel , comme il est arrivé
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