François &c. Lett. XII. 19s
gnoit que ce Prince ne se vengeât de sesmenées, eut grand foin d’animer les Moi-nes à crier que fa conversion n’étoit quesimulée ; que quoiqu’il allât à la Meflè,il conscrvoit toujours un cœur hérétique ,que Y Edit de Nantes en étoit une bonnepreuve ; que tôt ou tard il lèveroit le mas-que , & aboliroit la Religion Catholique. Voi-là la cause de la mort violente de ce bonRoi. II eít encore certain qu’un Etat nepeut rien entreprendre au déhors , tantqu’il est divisé au dedans par deux puissan-tes Factions, excitées l’une contre l’autrepar un motif tel que celui de la Religion.
Quand le Cardinal de Richelieu voulutabaisser la Maison d’A u t riche , il crutne pouvoir y réussir, s’il n’étoit préalable-ment assuré de la Rochelle qui étoit entre lesmains des Protestant , & qui faifoit un Etatdans l’Etat même, où se formoient toutes lesdélibérations & les desseins du Parti, ou l’in-térét de cent Villes venoit s’unir, & d’où ceCorps, composé de tant de parties séparées,rccevoit la chaleur & le mouvement; c’estpourquoi ce fameux Ministre n’eut pointde repos qu’il ne s’en fût emparé. Que de-voir donc faire Louis XIV > lui qui avoitformé le dessein, non feulement d’abaisser laMaison d’A utriche, mais même de sub-juger toute Y Europe ? Ne devoit-il pas Rassu-rer des Protestant , & les mettre hors d’état deN % le