Lsî Lettres sur les
fermes qu’on lui avoit dépeint toute la Na-tion. 11 leur demanda ce qu’ils craignoientle plus, s’imaginant qu’éblouïs du nombre& de l’éclat de ses Troupes, ils redoute-roient fa puissance, & lui feroient l’aveude leur crainte. Grand Roi , lui répondirent-ils , nous admirons ta valeur tes vi&oires ,mais nous ne craignons rien , finon que le Cieltombe fur nous. La réponse étoit fière, & mar-quoit la haute idée que ces Ambassadeursavoient de leur Nation.
Après le Règne de Charlemagne leMétier des Armes fut fi fort négligé, qu’ilcessa d’être un Art. Les peuples se plongè-rent dans la mollesse, & les Souverainss’abandonnèrent à une fainéantise qui leurfut funeste plus d’une fois. On ne faiíbitplus la guerre que par routine ; & T amourde la vie fit inventer des Armes défensives ,plus nuisibles qu’avantageufes. Les Allemansl'euls, & les Suisses, cultivèrent le Métierdes Armes. Leur Infanterie étoit tout cequ’on pouvoit voir alors de plus leste, demieux discipliné, & de plus adroit dans lesExercices. II fe trouvoit de cette Infante-rie chez toutes les Nations de YEurope , par-ce que toutes les Nations de YEurope s’ima-ginoient qu’il n’y avoit que les Suisses & lesAllemans qui pussent être bons Fantassins. Lesfrançais avoient peu d’Infanterie Nationale,
& ce