Allemans &c. Lett. II. 2,61
l’an a des bas rouges , l’autre des guêtres,l’autre des bas noirs : c’est une bigarrurequi lait pitié , & dont le détail vous fatigue-rait trop. Le Roi ne fait rien de cela ; caril n’est pas possible qu’il fasse la revue deses Troupes > dont les unes font fur les fron-tières à'Ejpagne , d’ Italie , en Flandre , OU enAllemagne & outre la fatigue de ces longsvoyages, ce ferait vouloir ruiner ses Peu-ples, que de les entreprendre tous les anspour faire la revue de ses Troupes ; car unRoi de France ne peut point voyager avecun seul Page , deux Valets de pied & unCuisinier , comme font d’autres Rois duNord. Mais il ne ferait pas impossible d’a-voir un Espion dans chaque Régiment, quirendît compte de la conduite des Officiers& de l’état du Soldat. Après quoi ce feraitau Monarque à récompenser le mérite, &kpunir la lâcheté & la paresse.
Les Souverains fe trompent qui croientavoir de bonnes Troupes , tant qu’ils dédai-gneront d’entrer dans le détail de ce qui lesregarde. Celle des Puissances de 1 '‘Europe quife souviendra de cette maxime de l’Etnpe-reur Alexandre Severe, Que la furetéU le salut (Fun Etat défendent du bon état desArmées , £<•? qu un Prince doit avoir plus de foinde ses Troupes que de soi-même , pourra se flat-ter de vaincre & de subjuguer celles qui fontdans l’îndiftérence à cet égard.
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