Lettres sur les
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forme un préjugé bien légitime contre leParnasse Allemand. II dit que ce qui luipersuade que vos Poëtes ne font pas degrande considération : c’est qu’il n’y en aaucun de traduit ni en François , ni en An-glais , ni en Italien , ni en Espagnol , ni enaucune autre Langue; pendant qu’on voitdes traductions de Milton , de Boileau , dePope, de Racine, d u Tajfe , de Molière, en-fin de presque tous les Poëtes de mérite,dans la plupart des Langues de YEurope.On a plus fait, on a traduit ceux de vosHistoriens Sc de vos Jurisconsultes qui envaloient la peine, quoique dans le fondcela ne prouve pas que tous ceux qui ontété traduits soient également bons , puis-qu'il n’est que trop vrai qu’on trouve assezde plumes mercenaires qui se chargent detraduire de mauvais Ouvrages. Mais pourvos Poëtes, il n’est pas si facile de les tra-duire : ils ne font presque que Traducteurseux-mêmes. Nommez-moi un Esprit créa-teur sur votre Parnasse ; c’est-à-dire, nom-mez-moi un Poëte Allemand qui ait tiré deson propre fond un Ouvrage de quelqueréputation ; je vous en défie.
Quelqu’un croira peut-être que vos Poë-tes s’étant entièrement tournés du côtédes Traductions, y ont fait des merveilles.Rien moins que cela ; ' ils ont défiguré lesmeilleurs Originaux François , Anglais Sc Ita-liens