îj8 Mémoires dE ià GuèHrè^74- nuit ne laissa pas de se passer sans al-larmes.
Le jour venu , le brouillard fut siépais qu’à peine s’apercevoit-on duretour de la lumière, & comme cetteobscurité dura jusqu’à midi, les As-siégeans profitèrent de ce tems pourachever la retraite qu’ils avoient déjacommencée. On sçut depuis que lePrince d’Orange , craignant peut-êtred’être encore chargé seul de cet éve-nement, alla trouver Souchez le jourprécédent, lui representa le dangerqu’ils alloient courir , s’ils s’opiniâ-troient à vouloir combattre dans les•retranchemens 8t par quartiers sépa-rés , 6c il engagea les derniers à re-passer l’Escaut dès la même nuit, afinqu’avec leurs forces rasiemblées ilsfussent plus en état de prendre leparti le plus avantageux.
A mesure que les Troupes de Sou-chez passoient la riviere , elles tra-versoient le Camp des Hollandois6c se mettoient en bataille au-delàd’un défilé que les derniers avoiencà la tête de leurs lignes , se postantnéanmoins de maniéré qu’il parueque leur dessein étoit d’embamsser le