r?8 Memoîïus de ia GuîuriH§74> se voyant aíscz de vivres pour le tra-jet qu’il meditoit, son artillerie prê-te , &c les chemins reconnus , il par-tit de Longuet, Village fur la Mo-selle , &c marchant entre Remire-mont & Plombières, il fit prendre àtous ses quartiers la route de Befort.
Ceux qui connoissent le Pays, juge-ront bien que cette marche de cinqou six jours ne se fit pas fans beau-coup de peine, particulièrement dansla saison où l’on étoit ; mais on n’a-voit point d’aurre route à choisir ,& la nécessité surmonta tous les ob-stacles qui se rencontrèrent.
Je ne puis dire précisément le nom-bre des Troupes de l’Armée Françoi-se. Outre qu’il en devoit encore ar-river, il n’étoit pas aisé de compter lereste , la plupart des Regimens af-foiblis de la disette, & des fatiguessouífertes en Alsace , n’étoient pasencore rassiemblés ; mais il ne fautpas oublier une chose qui fit plaisirà ceux qui k virent. Beaucoup deSoldats qui sembloient avoir aban-donné leurs Drapeaux, entendant di-re qu’on retournoit aux Ennemis ,sentirent à ce bruit reveiller leur cou-