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épouvanté des imprécations que l’on fe/bîtcontre fa personne : Et moi, disoit Bulliomqu’ils haïssent cent fois plus que Vôtre E-minence, j’irai par toute la Ville à cheval,suivi seulement de deux laquais, & per-sonne ne me dira mot. Ce qu’il fit har-diment, & de si bonne grâce, que tout lemonde le saluoit. Le Cardinal, à sonexemple, en fit autant le lendemain, allanten carosse, à portières ouvertes, depuis íônpalais jusques â la porte Saint-Antoine, &revenant par un autre chemin , pour êtreveû de plus de gens. Et cela lui réussitheureusement.
Un jour, la Reine Anne d’Autricheenvoia demander cent-mille écus à Mr. deBullion. II les donna, quoiqu'il en pré-vît bien le danger & les suites. En. efet,le Cardinal, qui ne manqua pas de le sa-voir auffi-tôt, en fut dans une telle colère,qu’il eût envie de lui ôter la Surintendan-ce , & même de le faire arrêter. Bullions’excusa le mieux qu’il pût sur l’obéïssncequ’il devoit à la Reine, & sur ce qu’íl nes’étoit point imaginé que cela deût déplaireà son Eminençe, qui paroissoit vivre alorsen bonne intelligence avec elle. Enfin, leCardinal, après avoir jeté son feu, & ré-fléchi sur le besoin qu’il avoit de l’habiletéde cet homme, qui l’avoit toujours servi