Lettres Turques.
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l’estime, tous les égards & toutesles attentions imaginables ; mais rienne peut suppléer à l’amour ; ellel’aime passionnément, il le sçait, ilsent combien elle doit souffrir , & ilest sans céda déchiré par le remordsde rendre malheureuse une des per-sonnes du monde qui mérite lemoins de l’ètre.
Ma chere sœur, j’ai vû notre pereéprouver cette même sécheresse decœur, & se la reprocher au milieude vingt femmes charmantes , sou-mises à ses plaisirs , & qui toutessembloient n’aspirer qu’au bonheurde lui plaire. Quelles sommes n’a-t— il pas dépensées pour acheter desesclaves dont il ne se soucioit plusdès qu’elles étoient dans son Serrait ?Je regardois cet état d’insensibilité ,cette privation de désirs , commeune punition d’avoir voulu trop lesirriter ; mais quand je vois que les