324 Dom Carlos,qu’elle ne croioit, à sa Vertu.
Le Prince d’Espagne n’étoit pas moins ;content de fa destinée. Comme tout cc jqu’on lui difoit de Madame lui en donnoit ■une idée fort aimable, il s’abandonna avec.plaisir à tout ce que cette idée lui inspiraitd’amoureux. Le Portrait dc la Prmçcsseacheva ce que la Réputation de fa Beauté a-voit commencé. 0 n asisûra qu’il étoit fortrçíîèmblant ; & Dòm Charlos le crut aisé-ment, parce qu’il*le souh'aitoit- Lors qu’ilconsidérait cette Peinture, ..il n’est point devoie, qui ne lui. vint dans l’Efprit, .pourfaire íçavoir à Madame ce qu’il penfoit d’el-le. II ne pouvoir souffrir, qu’elle ignorâtla Joie, que l’Efpérance de la poííeder ré-pandoit dans son Ame. Quelquefois, il a-voit honte de son Bonheur , & il auroitpresque souhaité d’avoir le teins de gagner1 c Cœur de cette Princesse, avant qu’elleiàìt obligée de le lui donner. Mais, commec’étoit une chose impossible, il lui sembloitqu’il auroit été content, s’il avoit pû, dumoins, lui faire sçavoir ses différentes Pen-sées-
Cependant, les Affaires changèrent de fa-ce , par la rupture de la Trêve. Ce furentles Princes Lorrains, qui firent résoudre laGuerre, à la sollicitation de Paul Quatriè-me. I/e but du Pape étoit, qu’òn fît unepuissante Diversion en Flandre, pour le dé-gager du Duc d’Albe, Général d’une Ar-mée Espagnole, qui le tencit comme blo-qué dans Rome depuis quelque rems. Lachose réiiffit de ce côté, comme 011 l’avoítprojette ; mais, il n’en alla pas de même eu
Flan-