Nouvelle Historique* 327mît. Quoique le Duc d’Albe l’eût épouséeau nom dc son Maître des-le mois de Juin ,elle 11e sortit de Paris qu’à la fin de Novem-bre t elle s’arrêta dans toutes les belles Mai-sons qu’elle trouva sur sa route, & elle n’ar-ri.va en Guyenne, qu’à la fin de Tannée ;comme si ces Retardemens eussent pu fairedans son Cœur ce que là Raison n’y faisoitpas, Quand elle fut aux Pirenéès, la Fortu-ne, qui se plaît quelquefois à faire les grâcesqu’011 attend le moins, lui donna encor unrelâche, qu’elle n’eípéroit pas,
Antoine de Bourbon, Roi dé Navarrectoit chargé de la conduite de la Princesse,&il la devoir remettre, íùr la Frontière, entreles mains du Cardinal de Burgos, & du Ducde l’Infantade,. Ce Roi ne possédoit que labasse Navarre, parce que la haute avoit étéusurpée sur l’Ayeul de sa Femme, par lesEspagnols. Pour ne porter point de préju-dice au Droit qu’il avoit fur toutes lesdeux, Î 1 ne vouloit pas reconnoître l’Endroit.qui les sépare, pour la véritable Frontièrede l’Espagne ; & il éxigea des Députer uneDéclaration, comme la remise, qu’il feroitde la Princesse en cet Endroit, ne pourroitnuire à ses Prétentions. La Déclaration é-toit de trop grande conséquence, pour êtreaccordée fans ordre exprès. II fallut en é-crire à Madrid, & attendre la Réponse surks lieux.. Philippe II auroit bien souhaité,que la Cour de France lui eut épargné cetembarras, & qu’on eût donné la Commis-sion à d'autres qu’au Navarroîsq mais,Mes-sieurs de Guise,. nouveaux & absolus Maî-tres des- Affaires ,.,av oient, leurs raisons pour-
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