3'fi Dom C a' r l o s,la petite vérole ; mais, les vœux des Peuplesfurent lï puiflans, qu’dle en sortit non seule-ment avec plus de Santé , mais aussi plusbelle qu 7 auparavant (*). Dom Carlos eut àpeine le tems de lui en témoigner fa Joiequ’il fallut qu’elle partît pour Bayonne, où laCour de France s’étoit avancée pour la re-cevoir, & où les Charmes de fa Conversa-tion , & sa sage Conduite, ne firent pas naî-tre moins d'Admiration'dans les Esprits,quefa Beauté y causa de Désordres dans lesCœurs. Dom Carlos voyoit avec tout lechagrin imaginable ces divers Empêchemens ,que le Sort faisoit naître l’un après d'autre ,pour-interrompre son Commerce avec la Rei-ne, lors que ce dernier Voyage, après le-quel il croyoit n’avoir plus rien à craindre,leur attira une Affaire, qui troubla la Dou-ceur dc leur vie, par des Obstacles qui ne ces-sèrent jamais.
La Reine de Navarre, Jeanne d’Albret ,Veuve du Roi Antoine, s’étoit déclarée pourla nouvelle Religion depuis quelque tems ;& cette Princesse gouvernoit ses Sujets avecune Piété qui étoit l’Exemple de toute faSecte, & ayee une Justice,qui n’avoit peut-ê-tre jamais été vue dáns une Cour de Roi.Son Fils T qu’elle élevoit dans la même Cro-yance, étoit regardé dès-lors par lesReligion-naires de France, comme leur Protecteur.Les Espagnols, voyant que les Prétentions dscette Maison sur la Haute Navarre toimboient entre les mains de cet Enfant,, nourridaiis une Haine héréditaire contre eux, aigri
par.
{;) Brantôme, au Discours de cette Reine»