Nouvelle Historique.áî Dom Carlos, ce Prince regardoit ceuxqui en parloient, comme s’ii eût craint, qu’ilsne l’oblèrvasserit pendant cc teins, & que cequ’ils en disoient ne fût pour réprouver. End’autres occasions, où il sembloit que toutela Compagnie disputât à qui loiieroit mieuxla Reine,"Dom Carlos ne la loiioit pointà son tour , comme les autres. Dès qu’ilfalloit parler d’elle, il craignait toujours d’eradire trop peu; & fa Bouche j peu accoûtu-mée à déguiser les Sentimens de íbn Cœur,faisoit mal une choie qu’elle ne sçavoit pas.Rui Corner considéra encore, que quoi quele Prince n’eût aucun égard pour toutes lesFemmes, il paroiílòit devant la Reine avecune Douceur, & une Complaisance, qui nese démentoient jamais, & qui le rendoientméconnoiílàble à ceux qui sçavoient sonHumeur. Enfin, il n’étoit pas mal aisé decroire, que la Beauté merveilleuse de cettePrincesse, dont les plus insensibles détour-noient les yeux, & contre laquelle les plusLiges Vieillards de la Cour avoient bien de lapeine à défendre leur Raison, eût fait sor leCœur d’un jeune Prince, qui la voyoit tousles jours familièrement, l’impression qu’ellefaisoit sur tous les autres.
Rui Cornez s’afTermit encore dans cette O- 1pìnion, en la communiquant au Duc d’Al-be, à qui il ne crut pas la devoir cacher.Comme il arrive d’ordinaire, quand on a dé-couvert une partie de quelque Affaire secrè-te, que l’envie desçavoir le reste fait qu’onse pique de le deviner, ils se doutèrent dèslors que la Reine répondoit à la Passion dc .Dom Carlos. Cette Passion fiata d’abord"Tarne IL P leur
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