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Tome second.
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422 Conjurât ionstinct merveilleux, pour se connoître enHommes : Un Air toûjours gai & ouvert ,où il paroîssoit plus de Feu que de Gravité ,éloigné de la Dissimulation jusqu’à aprocherde la Naïveté : Une Humeur libre & com-plaisante , d’autant plus impénétrable, que toutle monde croyoit la pénétrer : Des Manié-rés tendres, insinuantes, & flatteuses, qui at-tiroient le Secret des Cœurs les plus difficilesà s’ouvrir : Toutes les Apparences d’une en-tiere Liberté d’Esprit dans les plus cruellesAgitations.

Les Ambassadeurs d’Eípagne étoîent alors-en poíïèssion de gouverner les Cours où ils é-toient envoyés, & le Marquis de Bedemar a-voit été choisi pour Venise, dès satinée mil-le six cens sept, comme pour le plus difficiledes Emplois Etrangers, & dans lequel onne peut s’aider de Femmes,de Moines, ni deFavoris. Le Conseil d’Espagne étoit fi con-tent de lui, que quelque besoin qu’on en eutailleurs, on ne pouvoit même après six ansse résoudre à le rapeller. Ce long Séjour luidonna le tems d’étudier les Principes de ceGouvernement, d’en démêler les plus secretsRessorts, d’en découvrir le Fort & le Foi-ble, les Avantages & les Défauts. Commeil vit que í’Archiduc seroit obligé de faire laPaix; & qu’èlle ne pouvoit être que honteusepour eux, parce que le Tort étoit de leurcôté, il résolut d’entreprendre quelque choiepour la prévenir. Il considéra que, dans l’E-tat où Venise se trouvoit, il n’étoít pas im-possible de s’en rendre Maître avec les Intel-ligences qu’il y avoir, & les Forces qu’ilpouvoit avoir. Les Armées l’avoient épui-sée