458 Conjuration" 1,petite Flotte, il saccagea impunément toutesles Iles & les Côtes de Levant, & termina faprémiere Campagne; par un grand Combat,dans lequel il prit où coula à fond une groíseEscadre de Galères Turques.
Ce fut en ce teins , que le Marquis de Be-demar communiqua son Dessein au Ducd’Oíïonne , assuré qu’il n’auroit pas de peineà l’y embarquer. Ce Duc, qui affectoit l’Em-pire de ces Mers , ne souhaitoit rien plus ar-demment que de ruiner les seuls qui pussentle disputer, & qui n’étoient pas si aisés à bat-tre que les Turcs. II s’en ouvrit au Capitai-ne , & lui propoíà les Difficultez. Le Capi-taine ne les crut pas insurmontables ; & , a-près plusieurs jours de Conférence secrette,il sortit de Naples à l’impourvû , & dans unéquipage qui marquoît une Précipitation &une Frayeur extrême. Le Vice-Roi mit desGens en campagne de tous côtez, hors de ce-lui qu’il étoit allé > avec ordre de le prendremort ou vif. Sa Femme & ses Enfans furentemprisonnez , & détenus depuis ce four dansun état très cruel en aparence. Tous sesBiens furent confisqués, & la Colere du Duccclatta avec tant de Fureur, que tout Naples-en fut surpris, quoi qu’il y fût connu depuisJong-tems pour aussi emporté qu’il l’étoit.Comme le Capitaine ne paroiíloit pas moinsremuant que le Vice-Roi, on ajouta aisémentfoi à leur Mésintelligence; & l’on crut quecet Homme avoit traitté quelque chose con-tre l’Espagne, ou contre les Intérêts du Duc& ses Desseins particuliers. Cepáidant, ilrecourt à son prémier Azile. Le Duc de Sa-voie étoit en Guerre ouverte avec les Espa-gnols,