Satire I.
si
fes d des oreilles sensibles ? pourquoi vous expofer a voiis fairefermer la porte des Grands? J’entends deja gronder de tont cote.
Perse. Eh bien, je me rends; qnand ä moi, j’y con-sens volontiers , tout fera excellent. Oui, cela est refolu,tous les ouvrages de nos jours feront merveilleux; vous nevoulez pas qu’on critique , fort, mais convenons d’une chofe.Lors qn’on veut mettre une place a l’abri des insultes , on ypeint des serpens ; Impofez nne marque femblable aux poesiesque vons protegez, & je me retire. Lucilius cependant n’a epar-gne perfonne dans fon siede, il a meine ofe attaquer les Grands.Horaee expofe tous les vices avec finelfe; il s’insinue en ba-dinant; mais aueun ridicule ne lui echappe , & le lecteurrit ä fes propres depens. Pour moi , je n’oferai pas dire unmot, pas meme en fecrct! non, mais je le dirai ä mon livre;
j'ai vu, je l’ai vu;. le Roi , k Rot Miicts a des
oreilles d'äne. Sachez que je ne donnerois pas mes vers & mesplaifanteries , ces riens, que perfonne ne lira, contre l’Iliadede Labeon. Je ne pretens etre In que de vous, troupe choisie& tres petite , qui favez faisir avec juftesse la Satire d’Eupolis,& le fei de Cratinus , & qui fentez les beautes d’ Aristophane.Mais vous ne ferez jamais du nombre de mes lecteurs , vousqui meprifez les Grecs; vous qui fier d’un chetif emploi depolice dans la petite ville d’Aretiu®, faites l’important, &dont la Satire ne tombe que für les defauts du corps. J’exclusegalement celui qui tourne en ridicule la fcience du calcul &les figures de la Geometrie, & ces fots dont le plaisir consisteä voir des Philofophes insultes par des filles de joye ; que ton«ces gens aillent le inatui au palais, & le foir a la represen-tation de Callirroe.
biij RATI-
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