Satire II.
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Et vous, komme encore plus ridicule , qui facrifiez ä Mer-cure le plus beau de vos bccr.fs , pour qu’il vous accordedes richesscs , „ donnez - ntoi, dites - vous, en invoquant ce,, Dieu, de nomhreux troupeaux ! „ Comment cela fe peut-il, pendant que vous immoler victimes fur victimes ? aller ,offrez a la divinite des entrailles & des gateaux. Vos do-maines, penser - vous, & vos troupeaux vont croitre a vued’ceuil ; demain, demain vous serer riebe ! Helas, dans peuL plutot que vous ne penser, vos esperances se reduironten fumee, & vous verrer la fin de votre argent. Hommesimbecilles , vous juger des Dieux par vous - meines Si l’onvous offroit a vous autres des gobelets d’argent , & des va-fes incrustes d’or , vous fentiriez vos cceurs palpiter de joye.Voila pourquol, pour obtenir des Dieux des inspirations enfonge, vous leur dorez la barbe. Ces vafes de terre & decuivre, que Numa & les anciens Romains employoient au fer-vice divin, ont fait place a des utenciles d’or. Ames vi-les & courbees contre la terre, incapables de vous eleverä des notions sublimes , pourquoi porter vos mceurs & vosinclinations dans les temples, & juger par vos cceurs cor-rompus de ce qui plait aux Dieux ? Ces parfmns pre'cieux ,ces robes teintes en pourpre , ces perles, ces ouvrages gravesen or, dont vos femmes se parent, ne Font pas Feloge de leursmmurs. E lies pechent sans doute par ce.luxe excessis. Maisdu moins la parure les statte. Dites - moi en echange , 6 Pre-tres! quel plaisir croyez-vous qtie les Dieux prennent a tontFor qu’on etale dans leurs temples ? iis en rient preeifement,comme Venus rit des ponpees, que de jeunes stiles lui presen-tent en offrande. Donnons plutot a la divinite, ce que le riebe& voluptueux fils de Messala n’est pas en etat, avec tous ses__
biens