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factices, telles que Phonneur & lefanatisme, qui ne durent q u'autantque Pillusion subsiste, & qui sonttoujours terrassées par celles que lanature avoue. Rien de plus aisé, quede forcer les hommes à tout par Pas-pect d’un glaive suspendu sur leurstètes. Mais la crainte engourdit ,& jette dans une paralysie funeste.Elle ressemble à ces médecines cal-mantes , qui arrêtent pour quelquetems le sentiment de la maladie , &dont l’usage fréquent dérange à lafin l’économie du corps. Une na-tion gouvernée par le fouet ou parle bâton , ne peut être qu’une na-tion d’esclaves inutiles & avilis.
Le petit nombre de génies quiont possédé cet art de manier les pas-sions , nous prouve assez par des ex-emples frapans, qu’on fait tout deshommes , quand on fait intéresserleurs pallions. Quels prodiges opé-rés par la force de certaines cons-titutions ! Quels établiíîèmens, qui
pu-