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se trompa par sagesse, & fût à lafin la victime d’une raison trop pu-re & trop élevée.
Si cette considération est nécessai-re dans les affaires publiques ; elle nel’eil pas moins dans celles qui regar-dent l’intérieur d’un Etat. Ceux quiobéissent, font encore plus sujets àces petitesses que ceux qui les do-minent. Le peuple, rempli de pré-jugés & d’erreurs , mérite bien qu’onménage fa foiblesse , & qu’on nelui présente les objets que par laface la plus agréable. Pour íaire goû-ter une chose, il ne faut souventqu’en changer le nom : donner com-me une antiquité respectable, ce quichoquerait sous le titre de nouveau-té. Les hommes veulent être trom-pés pour leur propre avantage. Ilsressemblent à un malade dégoûtéou prévenu contre une médecine,qu’il prend fans répugnance , fi ellelui est offerte fous une forme diffé-rente. Au lieu de heurter de front
des