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| Les pallions fortes n’embrasent point' les âmes afoiblies : l’habitude des pe-tites passions les rend insensibles auxgrandes. L’inconítance habituelle duluxe empêche ces âmes avilies , demettre dans leurs entreprises cette' opiniâtreté de courage, nécessaire àl’exécution des grandes actions. Ledésir de la gloire s’émousse dans lesjj siécles du luxe : personne n’est plus! citoyen, tout est mercénaire. II estimpossible, par conséquent, que lecourage & l’esprit militaire s’allientavec la mollesse.
On prétend que le courage facti-ce de rhonneur remplace souvent le/ vrai courage dans les gouvernemensmonarchiques. Mais qu’on fasse at-l tention, que cet honneur s’évanouit *
' quand le luxe gagne le dessus. Su-
« posons encore qu'une nation , par le
5 moyen de ce ressort, se soit surpas-
* fée elle même dans des occasions
; particulières, dans un jour de batail-le ; si elle porte la corruption dans
son