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noiant le mérite & les talens indé-pendamment des richesses. II eít or-dinaire dans les pays de commerce,qu’en faisant l’éloge d’un homme,on passe sous silence toutes ses bel-les qualités, en donnant, pour la som-me de ses perfections, dévaluation deses biens. L’instinct de l’homme lepousse à mériter l’estime de ses con-citoyens , à se donner de la considé-ration. Dans un pays, où l’argentest uniquement estimé, tout le mon-de se rejette dans la route qui mè-ne à l’argent. L’avidité éclairée parles gains du commerce court à cet-te source des richesses. Les espritsles mieux nés s’abimeront dans lesdétails du commerce , & toute lanation fera marchande.
II n’en est pas de même dans unpays, où le gouvernement, par unesage attention, afoiblit la vénérationidolâtre, dont íe remplissent machi-nalement pour les richesses les âmesbasses & vulgaires ; dans un pays,P 6 où
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