Band 
Tomus II.
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84 RERUM NATURALIUM

Vivide lucent.- Neque maligna ipsi indoles adkribitur. Merito interim Serpcntum Principemornatunulli cedentem * vocaveris.

Num. 2. Serpens, Americana, Tigrina.

Eleganter adeo maculata est, ut Tigridem referat. Colliquescunt autem inter se macula, partim cir-culares, partim rhomboidea;, suoque coalitu catenam quasi formant. Ob st ure fuscus eas color distin-guit a squamis cutaneis, dilute cinereis. Imi veneris squama; transversales dilute plumbeo sunt colore.Capitis grandiores squama: obscure fuscT sunt.

Num. 3. Serpens , seu Anguis cervinus > MaCstCOsttl dictus , Americanus .

Capite gaudet ornatissimo , maculis exiguis, (padiceis, dense consperso. Collum, tenue, longum *squamis vestitum candicantibus, maculas itidem insignes, nigro-fustas, ostentat, flammarum instar, adcorporis partem usque crastiffimam divagantes. Ibi vero, qua: hactenus majores erant, attenuantur ma-cula: , & manipulatim quasi distribuuntur. Cauda, in tenue acumen desinens, pictura partem anticamsemulatur. Cervinus anguis adpellatur; quum Cervos amet, iisque gaudeat adeste.

Num. 4 * Tecoixin) [eu Lacerta , saxatilis , spinosa , cauda crajsula .

Squamulae, dilute cinerea, ex russo obumbrata:, spinis horrent albicantibus, quarum qualibet e ma-cula nigro-fusta, tanquam basi, porrigitur. Neque (pinis caret ipsum caput, nec femora. Cauda erasifula squamulis tenuibus, cinereo luteis, tantum vestitur. Quini sunt pedum posticorum digiti, antico-rum quaterni. In locis saxosis America; degit.

Num. 5. Lacerta $ minor > maculata ) indigena.

Elegantem hanc Lacertulam per totos fex menses jam dum in lagena vacuä constrvavi in vita supersti-tem , imo vegetam & alacrem, absque ullo, nisi quod ex aere haurit, nutrimento. Sub initium Ja-nuarii Anni 1732. eam ad me detulit juvenis, qui de annosi. Salice, corrupta, extra hanc urbem sita,protraxerat. Mirabile sine est, poste animalcula hxc sine pabulo tam diu supereste. At nihil etiam soc-cum , nihil liquidi excernunt interea: vitrum enim, quo istud continetur, nuspiam confpurcatum cerni-tur. Quin venter Animaleuli eundem fervat habitum, minime emaciatur; quod Serpentibus tamen con-tingere obfervavi, quX valde tandem macilenta: evadunt, antequam moriuntur. Dantur & alia pluraanimantia, qua: inediam tolerare queunt diutissime : uti Testudines terrestres, Chamaeleontes, Cochlea,&c. Cochlea certe per totam hyemem, sua se claudens domuncula, sub terra delitescit cibi expers, necnisi verno colore suscitata, operculum protrudens, fele evolvit, dorsoque domum circumferens victumULritat. Nonne, ut Ranas pr^terearn, sitis innotuit hodie, Hirundines tempore hyemali in oras palu-um minus profundarum fefe recipere, ibique absque cibo, potuve, hybernare? Plura ejusmodi occur-runt Animantium genera. Verum transeamus ad indigena; hujus Lacertula;, viventis, descriptionem.

Eleganter

yeux Tont pers,beaux, vifs, 5 c brillans. T 1 est d’un bon naturel,a ce qu’on ailur.e. Pour sa parure, die est si riche, qu’il meritejusternent a cet cgard le surnom de Prince des Serpens».

N° L. Serpent d'Amerique , tigre.

Sa madrure, fort approchantp de celle du Tigre, est composeede taches en partie circulaires, en partie rhomboi'des, qui s’u-nissant enfemble forment une espece de chaine. La couleur destaches est brune-sombre, tandis que celle des ecailles cutanees estcendree-clair. Les transversales du ventre tirent fur la couleurplombec. Les grandes ecailles de la tete sont brunes-obscur.

N d . 3. Serpent Macacoatl, d'Amerique, ami

du Cerf.

Sa jolie tete est defendue par des ecailles toutes couvertes depetites taches chatain. Son coi long, grele, est revätu d'ecail-les blanchätres , furfemees de grandes taches brunes-noires, quiregnent transveiTalement en fagon de flammes jusques a 1’endroitle plus gros du corps. La, ces taches semblent se diviser com-me par pelotons de petites taches separees-, mais fa queue poin-tue reprend enfuite le meme tachete qu’on voit fur la partie an-terieure du corps. Ce Serpent etant ami des Ccrfs, fk recher-chant leur Compagnie, a tire de-la le nom qu’il porte.

N°. 4. Tecoixin-, ou > Lezard Saxatile , arme depointes , d grojfe queue.

Scs ecailles cendrees-clair ombrees de roux, sont herisiecs d’e-

non

pines blanchätres, lesquelles naissent chacune d’une tache brune-sombre qui fert comme de base. Sa tete & ses cuifles lont aufligarnies de piquans, tandis que fa grosse queue n’est revetue quede petites ecailles minces, cendrees-jaunes. Ses pieds de devantle fendent en quatre doigts, St ses pieds de derriere en cinq. IIse tient dans les endroits pierreux d’Amerique.

' N°. 5. Petit Lezard tachete , de ce pais.

J’ai conserve dans une Phiole vuide, pendant six mors entiers,ce petit Lezard non seulement en vie , mais alerte St bien por-tant, quoiqu’il ne tirät d’autre subsistance que de 1’air. Au com-mencement de Janvier de Pannee 1732 ., un jeune homme qui 1’a-voit pris dans un trou d’un vieux Saule pourri a quelque distancede certe Ville, me l’apporta. C’est une chofe merveilleufe, quece petit Animal ait pu vivre fl longtems fans nourriture. Aufli nerendoit-il point d’excrement quelconque, St je n’ai decouvert nullepart que le verre ou ]e le tenois, lut sali. Son ventre conserva tou-jours fa meme grossem*, ce qui n’arrive point aux Serpens, les-quels au contraire maigrissent extremement avant que de mourirde faim. On sait qu’il y a plusieurs aurres Animaux qui peuventsouffrir Pabstinence tres-longtems, comme la Tortue de terre, leCameleon, St le Limagon. Ce dernier se renferme durant tout1’Hyver sous terre dans fa coquille, fans manger, St ne ressuscitequ’au Printems, ou alors il force ia cloison, se deploye, St cher-che sa vie en portant avec soi sa maisonnette sur son dos. Enfin,pour ne rien dire des Grenouilles, perfonne nhgnore aujourd’huique les Hirondelles se raflemblent par troupes en Hyver fur lesbords des marais peu profonds, St qu’elles pallent ainsi ce quar-tier de Pannee fans boire ni manger. 11 y a plusieurs genres d’A-nimaux qui leur ressemblent en celaj mais revenons ä la descrip-