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RERUM NATURALIUMTABULA OCTUAGESIMA ET PRIMA.
Num. I. Serpens, Bojobi 5 Ceilanica, bucculenta.
Eximis est formse, squamisque universim ornata elegantistimis. Caput, truce horrendum vultu,crastis atque prominulis labiis, & acutis pollet dentibus, qui in vagina latent maxillas inseulpta, involu-cro membranaceo tecta. Pelliculam hanc Zoographi veteres veneni este receptaculum credidere; valdo-pere equidem decepti: quum istiusmodi loculos virulentos, in Viperis sque, ac Serpentibus aliis, autLacertis, minime reperiri, plus vice simplici jam ostenderim. Labia hujus Serpentis squamis insignibus,extuberantibus, dilute rubicundis, fimbriantur. Oculi rubore flammeo confleant. Reliquam corporisfaciem supernam Arantius tingit color, lucidus, maculis distinctus dilute flavis, ex saturate rubro fim-briatis, serpentino ductu supra dorsum decurrentibus. Unde variegatio nascitur visu jucundissima. Ca^rerum Serpens ha^c Bojobi cum Lusitanicä Cobra Verde , aut Sc Tstrauchoatl lleoa dicta, quoad formam Schabitum fatis convenit, nisi, quod haec, postea Tabui: XCVI exhibenda, coloris sit dilute Thalassini,illa, ut dictum, Arantii.
TABULA OCTUAGESIMA ET SECUNDA
Num. I. Serpens, ornatijjima, Amboinenßs , Boigliatrara di£ta.
Indi isthoc nomine, quod Piciam significat, hanc Serpentem impertiunt, quia ex saturate viridi,Cyaneo, & Thalassino, picta est. Caput ejus insolita est longitudine, inque tenue, dc acuminatum,quasi rostrum attenuatur, amplissime diductile, ut aviculam mediae magnitudinis, suam quippe escam,suctu devorare queat: dentibus enim distituitur ista Serpentum species. Pneterea vero cantrix est, gra-toque modulamine aviculas, & canora voce, & variis coloribus eximias, quibus loco pabuli utitur, illice-re novit: hee enim eo audito advolant, suas commissurae cantilenas, symphoniam efficiundi gratia, &sic incauta, nimisque fecune, a cantante suo hoste, sub fuco amicitiae, prehenduntur. Utinam necHomines darentur, maligna hac Serpentum indole imbuti, qui fraudibus, amoris specie infucatis, alios deci-pere, & in perniciem dare non dubitanti Ventris squamas dilute Thalassini coloris haec Serpens gerit,quaternis distinctas lemniseis, dilute flavis, a capite ad finem usque tenuis longaeque caudae protensas.
Num. 2. Serpens Bayhapua, Africana.
Venustissime picta caput monstrat longiusculum, anterius, fundo fuperalbicante, ex dilute spadiceo ma-culatum, caliculi instar Rosacei, pedunculo sustentati; ad cervicem vero angusto collari succinctum*Oculi grandes, caerulei, prope rictum siti sunt. De reliquo, a capite ad longae tenuisque caudae extre-mum usque, niveus regnat per tessellatas squamas candor, diluto rubore, florum quasi Mali arboris, su-perne irroratus. Collum tenue oblongae ornant maculae, dilute foadiceae, quae supra dorsum grandiores
redditae
PLANCHE QUATRE-VXNT ET UN1EME.N°. i. Serpent Bojobi, de Ceylon, d großes lahines ,
II est d’une belle figure , & couvert fur tout le corps de ma-gni fi ques ecailles. Mais Ion regard est affreux. Ses babines fontepaisies & pendantes. Ses dents font pointues, cachees dans unfourreau enfonce dans la mächoire , Lc revetu d’une envelopemembraneufe. Les anciens Naturali stes pretendent que cettemembrane est le refervoir du venin de cet Animal 5 en quoi iis fetrompent beaucoup, puis qu’on ne trouve point de pareilles cel-lules dans d’autres Serpens venimeux , dans les Viperes, ni lesLczards, ce que je pense avoir deja remarque plus d’une fois.Les babines de ce Serpent font ourlees d’une bordure de grandesecailles, rouges-päle , faites en bosle. Ses yeux font rouges,etincelans. Le reste du desius du corps est orange, luifant, fur-seme de taches paillees , ornees de zones d’un rouge-brun. Cestaches decourent en serpentant fur le dos. Ce melange, & sesdiverses nuances de couleurs,font un esset charmant a la vue. Dureste, le Bojobi depeint ici convient astez par fa grosseur & parsa figure avec le Cobra verde de Portugal , ou avec le Serpentnomme Tetrauchoatl 'Tleoa que nous reprefenterons a la PlancheXCVI, si ce n’est que la couleur de ce dernier est d’un verd demer,au lieu que celle du Boj obi est orangee, comme nous venonsde le dire.
PLANCHE QUATRE-VINT ET DEUXIEME.
N°. ix Serpent Boiquatrara, d'Amboine, coloremagnifiquement.
Les Indiens le nomment par excellence le Serpent Peint, par-
ce qu’il est artistement marque de bleu, de verd de mer, & deverd-obscur. Ses ecailles du ventre font celadon, & rayees pardesius de quatre bandelettes jaunes, qui s’etendent depuis la tetejusqu’au bout de la queue. Sa tete d’une grandeur peu commu-ne, finit comme en un long bec pointu, fait de faqon que cetteEspece de Serpens qui n’a point de dents, peut fucer 6c avalerun Oifeau d’une grosieur ordinaire tout entier. Ces fortes deSerpens chantent, & favent meme par leur douce voix, attireraupres d’eux d’aimables Oifeaux fur lesquels iis fe jettent. Lesinnocens habitans des airs accourant d’abord fans crainte, & fansdesiance, meler leur ramage aux fons trompeurs qu’ils entendent,deviennent ainsi la proye du perfide ennemi qui les trahit fous defausies apparences d’amitie. II feroit a fouhaiter qu’il n’y eüt pasdes Hommes, qui, femblables a ces Serpens, ne fe font point depeine d’attraper & de perdre leur prochain par des fourbsriesconvertes du voile de la bienveuillancc de la sincerite.
L.
Serpent Bayhapua, iAfrique.
II est tres-joliment peint. Sa tete est longuette, blanche, ta-chetee de chatain,en fagon d’un petit calyce de Rose foutenu parfon pedicule. Son coi est orne d’un Collier etroit. Ses yeuxfont grands , pers, situes pres de la gueule. Le desius de foncorps est couvert d’ecailles rhomboides, qui font d’une blancheurde neige depuis la tete jusqu’au bout de fa queue longue & me-Ses ecailles sur de desius du corps font d’un blanc mele
nue.
d’incarnat, comme est la fleur du Pommier. Son coi est minee,mouchete de taches oblongues,bay-clair,lesquelles brunislent 8cs’aggrandisient fur le dos, avec une espece de decoupure fur leventre 3 enfuite vers la queue ces taches redeviennent plus petites.
Son