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Tomus II.
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RERUM NATURALIUM

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pellucens, instar Opobalsami regno Peruviano huc in capsulis gCabassen dictis, quoque adportati. Odortamen hujusce speciei a procedentibus diversus est. Styrax Calamitee y quae in fasciculis lineis fortiter com-pressa huc mittitur, mixtum quoddam est e Styrace liquida & ligni'Styracini serragine, calide invicem unitis,compositum, quod valide compactum in fasciculos, per moram siccum & glutinosum redditur: modushanc Styracem praeparandi Italis quoque innotuit. Cortex Fhymiama est cutis Styracis arboris, cui foliaquandoque adhuc permista haerent. Haec bene solidis inditur doliolis, & quousque recens est, glutino-sa quoque, fere nigrescens, aut saturate fusci coloris, suavem fortiter spirat odorem : unde a parva ejusquantitate, prunis injecta, totum conclave suffumigatur, adeo, ut huic etiam usui fere tantum inser-viat. Ubi autem veterascit & exsiccatur, multum quidem odoris fui deperdit: attamen & tum suaveo-lentibus suffumigiis immiscetur.

Quod concernit verum Balsamum Pemvianum nigrum y hoc equidem per Classiculam (Flotilje) ex AmericaHispanorum, in portum Gaditanum, inde autem ad nos transfertur, ab incolis Regionis Peruviano, inovales, terreas inditum ollas, quL superinducta pelle bubula contra fracturam munita? sunt. Multi ejusdedere descriptionem, variam tamen, pro varietate sententia:, quam de eo fovebat quilibet. Pomet inHißoire des Prognes p. 278 ait, verum Balsamum Perwvianum nigrum esse spislum & prorsus sature nigri-care : nos tamen experientia edocti fumus, illud, si proba &c sincera e manu fuerit petitum, haud o-mnino densum & nigrum exiliere , sed potius obscure fuscum, nec consistentia? spissioris, quam quidemest Syrupus sacchari Candi, nec & glutinosum, sed instar sinceri Balsami de Copahu. Contigit etiam no-bis, ollas recludentibus, vidisse huic Balsamo permistam aquam quandam, aut succum arboris hoc Bal-samum stillantis, qui liquor rursus inde auferri debet: aliquando autem &; purissimum, & limpidissimumillud habetur. Vires ejus toto orbe notissima? descriptione non egent. Nec & hic commemorabimusejusdem consuetas adulterationes-, facile enim ha? patent, si quis hoc Balsamum nncerum unquam vidit:dolus ipsi consultori pessimus. Interim adulterato huic composito, quod e diversis corporibus, prossoquisque malus arbitrio, conflat, prout apud Pomet videri potest, Balsami Peruviani nigri nomen nemo,nisi commissa? fraudis reus, impertiverit: genuinum illud tale, quale a Natura suppeditatur, certe aliisomnibus factitiis anteferendum arbitramur.

TABULA OCTOGESIMA ET OCTAVA.

Num. I. Aspis , AEgyptiaca, permagna.

Nitidissime picta ha?c squamas obscure luteas gerit, variegatas maculis saturate fuseis, per totam dorsilongitudinem, ovalium annulorum instar, decurrentibus, per latera vero minoribus, circularibus, & di-lute lutea litura semilunari distinctis. Utrinque juxta ventrem, & per hujus quoque squamas transversa-les, remisse flavas, minores, visuntur spadiceae macula?, subrotunda?, ad finem usque cauda?. Capiti pe-culiaris inest nihil, nisi quod oculi pulcherrime reluceant. Maxilla superior minutis denticulis, ferra: inmodum, exasperatur. Si Propertio , quem Johnson allegat, habenda fides, ha?c Serpentum species ab in-colis Aigypti inter idola colebatur. Vid. Äldrovand. Lib. de> Serp. & Prae . C. 7. Plinius , ALlianus , Ni-cander y

Nous avons encofe re^u du Baume de Storax dans de petitesGourdes ,ou dans des coques de noix. C’est ainsi qu’on nous IVporte du Perou, a Ia manicre du Baume de judee sec. Sa couleurest d’un jaune-roux, pellucide. Son odeur eli fort differente decelle des precedens.

Le Storax Catamite , qu’on nous envoye en masses fortementferrees, est une composition de Storax Liquide & de sciure dubois de FArbre meles enfemble , & qui fermement presses en di-verses masses, devient avec le tems seche & glutineuie. Les Ita-liens connoissent tres-bien cette maniere de preparer le StoraxCal amite.

Le Storax Fumigatoire , n’est autre chose que 1 ’ecorce de FAr-bre meme a laquelle ses feuilles se trouvent quelquefois melees.On met cette ecorce dans de bons petits tonneaux. Elie est grais-seufe , gluante etant nouvelle , d’une couleur obscure presquenoirätre, exhalant une si douce odeur , que pour peu qu’on enjette fur des charbons ardens, toute la chambre est incontinentpar fumee, ce qui est presque le seul usage a quoi on Femploye.Elie perd beaucoup de son odeur en vieillissant & en sechantjce-pendant meme encore alors, eile entre pour un ingredient dans lesparfums exquis.

Pour ce qui regarde le veritable Baume noir du Perou , qu'onnomme autrement le Baume de Lotion , ce sont les Espagnols qui1 ’aportent d'A merique a Cadix par la Flotille. Les habitans duPerou le mettent dans des pots de terre ovales, bien bouches, 6ccouverts par dessus d’une peau de Boeuf pour les mieux garantir,Lc les empecher de se rompre. Plusieurs performes ont donne ladescription de ce Baume, differente neanmoins suivant Fidee par-ticuliere que chacun s’en est formee. Pomet dans son Histoiredes Drogues, pag 2.78, dit que le Baume de Lotion est entiere-ment noir & tres-epais. Cependant nous sommes convaincus parnos propres yeux, que si on le tient de bonne main, la couleurn’est pas tout-a-fait si noire que Pomet Fassure*, 8t la consistencen’est pas plus epaisse que celle du Syrop de fuere candi z il n’est

pas non plus gluant, mais tel que le vrai Baume de Copahu. Enrefermant des pots de terre ou Fon met ce Baume du Perou , ilnous est arrive de remarquer une espece d’eau ou de suc de FAr-bre qui le distile, mele avec le Baume; mais il faut avoir soin deseparer & d’oter ce suc. D’autres fois le Baume noir du Perounous a paru parfaitement pur & limpide. Ses vertus connues detout le monde n’ont pas besinn d’etre decrites. Nous ne parie-rn ns pas non plus des falsisications qu’on a coutume d’en faire.Ceux qui auront vu une fois de ce Baume pur, ne se laisserontpas surprendre par des fourberies qui ne tournent qu’ä la confu-sion de leurs Auteurs. Ce st donc frauduleufement qu’on donnele nom de Baume du Perou aux differentes sophistiqueries quechaque trompeur fait a sa guise, ainsi qu’on peut le voir dans Po-met. Et certes le vrai Baume naturel du Perou est a notre avisde bien loin preferable a toutes compositions factices.

PLANCHE QUATRE-VINT-HUITIEME.N°. 1. Aspic d'Egypte , d'une prodigieuse grandeur.

Son tachete est magnisique. Il est revetu d’ecailles couleurd’ocredeRat, marquetees fur toute l’etendue du dos de tachesnoiratres, grandes, ovales, faites en forme d’anneaux. Les ta-ches qui decourent fur les cotes sont plus petites , circulaires,coupees par une bände jaune-päle, falte en croissant. Au dessousde cette feconde rangee, regnent d’un bout du corps a Fautre,fur le bas des cotes du ventre, & mi-partie fur ses ecailles trans-versales jaunätres, d’autres taches chatain, plus petites, & pres-que rondes. Sa tete n’offre rien de particulier, a Fexception dubei edat que jettent ses yeux. Sa mächoire fuperieure est garnied’unratelier de tres-petitesdents,taillees en dents de scie. Si Fonen croit Properce cite par Johnston, cette Espece de Serpent etoitune des Idoles des Egyptiens. Aldrovandi, dans fon Ouvrage desSerpens & des Dragons, chap. 7. Pline, JB lien , Nicahdre,

Aristo-