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son airmajesteux, joint à la douceur de íon visage*inspiroit autant de respect que ses manières tendres,enjouées & engageantes donnoient d’amour : unegrande chevelure blonde, qui flottoit fur ses épau-les, étoit un agréable ornement, qui relevois tousses appas: II avoit l’esprit vifi brillant & un peumalin, ce qui rendoit sa conversation fort gaie.Amise donc, ne pouvant plus souffrir l’ardeur dufeuquilaconsumoit, peníoit aux rnoïens de satis-faire son amour, lorsque l’étoile de Venus lui livral’objet de ses tourmens.
Pomponnes s’étant rendu chez OBavkn fur les sixheures du soir, pour assister à un concert, qui devoirêtre accompagné d’une comedie, Amise le salue,il lui demande des nouvelles de l’aimable Oclavte,elle feint, que là maîtresse lui avoit ordonné de leconduire dans une certaine chambre, où ils dévo-ient changer d’habits', & se servir de leur ressem-blance pour en imposer à la compagnie, en la diver-tissant; c’étoit pour Pomponius, une faveur ex-trême que des avances de cette nature, il en augu-ra fort bien, & ne s’y trompa point : Amise de soncôté, qui devoit être la confidente de ce mystère,,avoit trouvé le moyen de ne pas perdre Pomponiusde vue, puisqu’ elle devoit l’accompagner par tout,tant qu’il joueroit le personnage d’ OÙavìe.
A peine eut-elle enfermé Pomponius dans unechambre, qu’clle court porter à Oíîavie la plus agré-able nouvelle qu’on pût lui aprendre ; elle lui fitmille protestations d’amitié & les offres de serviceles plus engageant dc la part de Pomponius ; ellelui propose enfin le changement cPhabits, Oíîaviel’accepta, mais faiíànt réfléxion fur l’empresse-ment qu’ Amise témoignoit dans cette affaire, elleaprehenda que íà suivante ne fût sa rivale ; elle luifit mille questions sur la manière dont elle avoitrencontré Pomponius, & sur la conversation qu’ilsA 3 avoient