PHILOS. ET POLITIQUE. 51
ils n’ont ni frein , ni vertu. Seulement onleur trouve encore de cette compassion , decette charité si ordinaire dans le doux climatde l’Inde.
Les autres vivent séparés du monde ; & cefont des imbéciilcs ou des enthousiastes, livrésh l’oisiveté , à la superstition , au délire de lamétaphysique. On retrouve dans leurs disputesles mêmes idées que dans nos plus fameux mé-taphysiciens , la substance, l’accident, la - prio-rité, la' postériorité , l’immutabilité, l’indivisi-bilité, l’ame vitale &'sensitive: avec cette dif-férence , que ces belles découvertes font trèsanciennes dans l’Inde , & qu’il n’y a que fortpeu de tems que Pierre Lombard , Saint-Tho-mas, Leibnitz , Mallebranchc étonnoient l’Eu-rope par leur facilité à trouver toutes ces rêve-ries. Comme cette méthode de raisonner parabstraction nous est venue des philosophesGrecs , fur lesquels nous avons bien renchéri ;on peut croire que les Grecs eux-mêmes dé-voient ces connoisiances ridicules aux Indiens:à moins qu’on n’aime mieux soupçonner queles principes de la métaphysique étant à la por-tée de toutes les nations, l’oisiveté des Brami-ncs & de nos Moines a produit les mêmes ef-fets en Europe & aux Indes, fans qu’il y ait eud’ailleurs aucune communication de Doctrimeentre les habitans de ces deux contrées.
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