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HISTOIRE
tours. Quelques-uns dc ces émissaires intelli-gent, qu’elle savoit par-tout acheter & em-ployer à propos, persuadèrent aux Arabes fixesdans leur pays , & à ceux qui étoìent répan-dus d-ans l’Indc ou fur les côtes Orientales del’Afriquc, que leur cause étant la même quecelle dc Venise, ils dévoient s’unir avec elle,contre une nation qui venoit s'emparer de lasource commune de leurs richesses.
Les cris dc cette ligué arrivèrent au Soudand’Egyptc, déja réveillé par les malheurs qu’iîéprouvoit, par ceux qu’il prévoyoit. Ses doua-nes, qui sormoient la principale branche de sesrevenus, par le droit de cinq pour cent, queles marchandises des Indes payoient à leur en-trée, & par celui dc dix, qu’elles payoient kicur sortie, commençoient à ne plus rien ren-dre. Les banqueroutes, que l’interruption desaffaires rendort fréquentes & nécessaires,aigris-foient les esprits contre le Gouvernement,tou-jours responsable aux peuples des malheurs quileur arrivent. La milice mal payée, craignantde l’êtrc encore plus mal , se permettoit desmutineries plus redoutables dans le déclin dela puissance , que dans des tems dc prospérité.L’Egvpte étoit également malheureuse , & parle commerce que saisoient les Portugais, &par celui que leurs violences l’empêchoient dcfaire.