PHILOS. ET POLITIQUE. 95
Persique, trois ou quatre cens chevaux , qu’ilcroyoic suffisans pour aller piller Médine & laMecque. II penfoit qu’une expédition de cetéclat rempliroit de terreur les Mahométans,& arrêteroit ce prodigieux concours de pèle-rins, le plus solide appui du commerce, dontil cherchoit à extirper les racines.
Des entreprises moins hasardeuses, & plusutiles pour le moment, le porterent à différerla ruine d'une puissance dont il su Moi t d’ar-rêter alors la rivalité. La conquête de l’E-gypte par les Turcs, quelques années après,rendit nécessaires de plus grandes précautions.Les hommes de génie auxquels il fut donné desaisir la chaîne des événemens qui avoient pré-cédé & suivi le passage du cap de Bonne-Es-pérance , de porter des conjectures profondesfur les bouleversemens que ce nouveau cheminde navigation devoit prévenir, ne purent s’em-pêcher de regarder cette fameuse découvertecomme la plus grande époque de l’histoire dumonde.
L’Europe commençoit à peine à respirer &à secouer le joug de la servitude , qui avoitavili ses habitans depuis les conquêtes des R.o-mains & Rétablissement des loix féodales. Lestyrans fans nombre qui opprimoient des mul-titudes d’elclaves , avoient été ruinés par ledélire des croisades. Pour soutenir ces extra-