PHILOS. ET POLITIQUE. 259
sans crainte d’être accusé d’exagération , quele fret des vaisseaux absorbe le reste des bénéfi-ces. Le produit net du commerce de Coro-mandel n’est donc, pour la Compagnie, que leprofit qu’elle peut faire fur les toiles qu’elle enexporte. Son commerce dans le Malabar luiest encore moins avantageux. II a commencéà-peu-près dans le même terns , & s’est établiaux dépens de la même nation.
Le motif de cette nouvelle-entreprise, ne pa- xxxv;roît pas difficile k deviner. Depuis que les Por-tugais a voient perdu Ceylan, ils vendoient en dois à la cô-Europe la candie sauvage de Malabar , k-peu Mîla '
près fur le même pied qu’on a vol t toujoursvendu la véritable. Quoique cette concurrencéne pût pas durer , elle donna de l’inquiécudeaux Hollandois, qui ordonnèrent, en 1662, ïleur Général Vangocns, d’attaquer Cochin.
II a vol t k peine investi la place, qu’il appritla réconciliation de fa patrie avec le Portugal.
Cette nouvelle fut tenue sécrété. On précipitales travaux; & les assiégés, fatigués par des as-sauts continuels, se soumirent le huitièmejour. Le lendemain une frégate , partie deGoa, apporta les articles de la paix. Le vain-queur ne justifia pas autrement fa mauvaisesoi, qu’en disant , que ceux qui se piaignoiencavec tant de hauteur , a voient tenu , quelques
R 2