Band 
Tome premier.
JPEG-Download
 

PHILOS. ET POLITIQUE. 313

pire de la coutume prévalut encore; & la crain-te que ses employés n’abusassent d’un change-ment, empêcha, dit-on, la Compagnie d’adop •ter une méthode dont tout lui démontroit lanécessité.

Ce motif ne fut vraisemblablement qu’un pré-texte , qui servoit de voile à des intérêts par-ticuliers. L’infìdélité des Commis étoit plusque tolérée. Les premiers a voient eu la plu-part une conduite exacte. Ils étoient dirigéspar des Amiraux qui parcouroient tous lesComptoirs, qui avoient un pouvoir absolu dansl’Inde, & qui, à la fin de chaque voyage,ren-doient compte en Europe de leur administra-tion. Dès que le Gouvernement eut été ren-du sédentaire, les Agens , moins surveillés, serelâchèrent. Ils se livrerent à cette mollesse ,dont on contracte fi aisément Phabitude dansles pays chauds. On se vit réduit à en multi-plier le nombre, & personne ne se fit un pointcapital d’arrêter un désordre, qui donnoit auxgens puissans la facilité de placer toutes leurscréatures. Elles passoient en Asie avec le pro-jet de faire une fortune considérable & rapide.Le commerce étoit interdit. Les appointemensétoient insussifans pour vivre. Tous les moyenshonnêtes de s’enrichir, étoient ôtés. O11 eutrecours aux malversations. La Compagnie futtrompée dans toutes les affaires, par des Fac-

y s