PHILOS. ET POLITIQUE. 31 j
ne République commerçante, amasser pour uncorps particulier de l’Etat, des richesses dontil ne leur revient ni gloire, ni profit. L’austé-rité des principes Républicains, dut céder àl'exemple des peuples Asiatiques. Le relâche-ment fut plus sensible dans le chef-lieu de lacolonie , où les matières du luxe arrivant detoutes parts, le ton de magnificence fur lequelon crut devoir monter l’administration, donnadu goût' pour les choses d’éclat. Ce goût cor-rompit les mœurs; & la corruption des mœursrendit égaux tous les moyens d’accumuler desrichesses. Le mépris même des bienséances futpoussé si loin , qu’un Gouverneur - général sevoyant convaincu d’avoir poussé le pillage desfinances au-delà de tous les excès, ne craignitpoint de justifier fa conduite, en montrant unPlein-pouvoir signé de la Compagnie.
Comment eût-on remédié à la conduite desAdministrateurs, dont on n’avoit pas prévu lodérangement dans les commcnccmens de la Ré-publique, où les mœurs étoient pures & fru-gales ? Dans ces établissemens Hollandois, lesloix avoient été faites par des hommes ver-tueux : il faut d’autres loix pour d’autresmœurs.
Le désordre auroit pû être arrêté dans sonorigine , s’il n’avoit dû faire les mêmes pro-grès en Europe qu’en Asie. Mais comme un