PHILOS. ET POLITIQUE. 331
sont la base de ^administration de la Compa-gnie. Voilà les motifs qui doivent attacher lesoldat à son service. II faut, qu’employé dansdes expéditions de commerce, il soit assuréd’une rétribution proportionnée aux moyensqu’ii employera pour les faire réussir, & quela solde lui soit payée en actions. Alors lesintérêts personnels * loin d’affoiblir le ressortgénéral, lui donneront de nouvelles forces.
Que st ces réflexions ne déterminent pas laCompagnie à porter la réforme dans cette par-tie importante de son administration , qu’ellese réveille du moins à la vue des dangers quila menacent. Si elle étoit attaquée dans l’In-de, elle se verroit enlever ses établissemens enmoins de tems qu’elle n’en a mis pour les con-quérir fur les Portugais. Ses meilleures placesn’ont ni chemin couvert, ni glacis, ni ouvra-ges extérieurs, & ne t-iendroient pas huit jours.Elles ne font jamais approvisionnés de vivresquoiqu’elles regorgent toujours de munitionsde guerre. II n’y a pas dix mille hommesblancs ou noirs pour les garder , & il en sau-droit plus du double. Ces désavantages ne se-rment pas compensés par les ressources de lamarine. La Compagnie n’a pas un seul vaisseaude ligne dans ses ports ; & il ne feroit pas pos-sible d’armer en guerre les vaisseaux marchands.Les plus gros de ceux qui retournent cn Eu-