PHILOS. ET POLITIQUE. 355
vraisemblable que la nation n’auroit pris delongtems un grand essor , fans le bonheur descirconstances.
Les cruautés du Duc d’Albe firent passer enAngleterre d’habiles sabriquans , qui transpor-tèrent à Londres Fart des belles manufacturesde Flandres. Les persécutions que les réforméséprouvoient en France, donnerent des ouvriersde toute espèce à T Angleterre. Elisabeth, quine favoit pas essuyer des contradictions , maisqui vouloir le bien, & le voyoit ; Despote 6cpopulaire ; éclairée 6c obéie : Elisabeth se ser-vit de la fermentation des esprits , qui étoitgénérale dans ses Etats, comme dans le reste del’Europe. Et tandis que cette fermentation neproduifoit chez les autres peuples que des dis-putes de théologie , des guerres civiles ouétrangères, elle fit naître en Angleterre uneémulation vive pour le commerce 6c pour lesprogrès de la navigation.
Les Anglois apprirent à construire chez euxleurs vaisseaux , qu’ils achetoicnt auparavantdes négocians de Lubcck 6c de Hambourg.Eientôt ils firent seuls le commerce de Mos-covie, par la voie d’Archangel, qu’on venoitde découvrir; 6c ils ne tardèrent pas à entreren concurrence avec les villes Anséatiques, enAllemagne & dans le Nord.. Ils commenceront1c commerce de Turquie. Plusieurs de leurs
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