PHILOS. ET POLITIQUE. z8z
pies n’avoient établi un Gouvernement, qu’envue de procurer le bien général; & l’on y por-toit atteinte en immolant, par d’odieux mo-nopoles, l’intérêt public à des intérêts privés.Ils fortifioient ce principe fécond & incontes-table, par une expérience assez récente. Du-rant la rébellion, disoient - ils, les marchandsparticuliers, qui s’étoient emparés des mersd’Afie, y porterent le double des marchandi-ses nationales qu’on demandoit auparavant, &ils íe trouvèrent en état de donner les mar-chandises en retour, à un prix assez bas poursupplanter les Hollandois dans tous les marchésde l’Europe. Mais ces Républicains habiles,certains de leur perte, fi les Anglois condui-soient plus longtems les affaires fur les princi-pes d’une liberté entière, firent infirmer kCromwel par quelques personnes qu’ils avoientgagnées, de former une Compagnie exclusive.Ils furent secondés dans leurs menées par lesnégocians Anglois qui faisoient alors ce com-merce , & qui se promettoient pour l’avenirdes gains plus considérables ; lorsque devenusseuls vendeurs, ils donneroient la loi aux con-sommateurs. Le Protecteur , trompé par lesinsinuations artificieuses des uns & des autres,renouvella le monopole, mais pour sept ans seu-lement; afin de pouvoir revenir sur ses pas,L’il se trou volt qu’il eût pris un mauvais parti.