PHILOS. ET POLITIQUE. 419
pendant une mouçon, pour s’en défaire plusutilement dans un autre tems. A cette raisond’une avidité mal entendue , se joignoient desidées de superstition. On prétendit qu’il étoitcontraire au respect dû à la Réligion, que desinfidèles habitassent dans une cité consacréepar le sang de tant de martyrs , de tant desaints personnages Mahométans. Ce préjugéparoissoit faire impression fur le Gouvernement.On fit taire ses scrupules. Les nations donnè-rent de l’argent, & il leur fut permis de for-mer des Comptoirs, de les décorer même deleur pavillon.
Les révolutions font si fréquentes en Asie ,qu’il est impossible que le commerce y soitaussi suivi qu’il Test en Europe. Ces évé-nemens , joints au peu de communicationqu’il y a par terre & par mer entre les diffé-îens Etats, doivent occasionner de grandes va-riations dans l’abondance & dans la valeur desdenrées. Bassora, très éloigné par fa situationdu centre des affaires , éprouve plus qu’aucu-ne autre place cet inconvénient. Cependant,en rapprochant les tems, on peut, fans crain-te de s’écarter beaucoup de la plus exacte vé-rité, évaluer à douze millions les marchandi-ses qui y arrivent annuellement par le golfe.Les Anglois entrent dans cette somme pourquatre millions ; les Hollandois pour deux; les
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