PHILOS. ET POLITIQUE. 52?
Si nous cherchons maintenant à connoîtreles revenus publics du Bengale , nous trouve-rons qu’au moment de la conquête, ils étoientde quatre-vingts millions. Les dépenses, pourrégir ou pour défendre cet Etat, furent fixéesalors à quarante & un millions. II fut conve-nu d’en donner six à l’Empereur Mogol, &trois au Souda. Ainsi , il en restoit trente kla Compagnie. Ses achats, dans les différéesmarchés de i’Inde, dévoient en absorder la plusgrande partie : mais cependant, l’on a volt esti-mé qu’i l resteroit encore plusieurs millions,qui seroient portés dans la Grande-Brétagne.
Ce nouvel ordre de choses, fans apporter au-cun changement sensible k la forme extérieurede la Compagnie Angloise, en a changé essen-tiellement l’objet. Ce n’est plus une sociétécommerçante ; c’est une puissance territorialequi exploite ses revenus, k l’aide d’un commer-ce qui faifoit autrefois toute son existence, &qui, malgré l’extcnfion qu’il a reçu, n’est plusqu’un accessoire dans les combinaisons de fagrandeur actuelle.
Les arrangemens imaginés, pour donner dela stabilité à une situation si favorable, fontpeut-être les plus raisonnables qu’il fût possi-ble de faire. L’Angleterre a aujourd’hui, dansl’Inde , le fond de neuf mille huit cens hom-mes de troupes Européennes, & de cinquante-