PHILOS. ET POLITIQUE. 557
Peut-être cependant qu’au milieu d’une po-sition si périlleuse , les Anglois auroient con-servé, du moins, quelque apparence de modé-ration & de vertu , s’ils avoient été retenuspar le frein des loix ; mais il n’en existoit au-cune qui pût les diriger ou les contraindre.Les réglemens faits par la Compagnie, pour^exploitation dc son commerce , ne s’appli-quoient point à ce nouvel ordre de choses; &le Gouvernement ‘Anglois ne considérant laconquête du Bengale que comme un moyend’augmentcr numérairement les revenus de laGrande-Brétagne , a abandonné k cette Com-pagnie, pour 9,000,000 par an, la destinée dcdouze millions d’hotnmcs.
Heureusement, pour cette portion de Inhu-manité , une révolution pacifique se prépare.La nation a été frappée de tant d’excès. Bi-le a entendu lc gémissement de cette multi-tude de victimes, immolées k l’avarice & auxpassions de quelques particuliers. Déjk lc Par-lement s’occupe de ce grand objet. Tous lesdétails de cette administration font mis foussqs yeux ; tous» les faits vont être éclaircis ;tous les abus dévoilés; toutes leurs causes re-cherchées & détruites. Quel spectacle k don-ner k l’Europe ! Quel exemple k laisser k lapostérité ! C’est la main de la liberté, qui va