iS HISTOIRE
leur aveuglement par la perte entiere de leurscapitaux. A l’e'xpiration de leur octroi, il neleur restoit que quelques habitations situées encinq ou six endroits de la côte, construites deplanches, couvertes de feuilles, entourées depieux, & honorées du nom imposant de forts,parce qu’on y voyoit quelques mauvais canons.Leurs défenseurs étoient réduits à une centainede brigands, qui par leur cruauté ajoutoient tousles jours à la haine qu’on a volt conçue contreleur nation. Quelques petits districts abandonnéspar les naturels du pays, quelques cantons plusétendus d’oìi la force arrachoit un tribut en den-rées, formoient toutes leurs conquêtes.
Le Maréchal de la Meilleraie s’empara de cesdébris, & conçut le dessein de relever pour sonutilité particulière une entreprise si mai con-duite. II y réussit si peu, que sa propriété nefut vendue que vingt mille francs ; & c’étoit toutce qu’elle pouvoit valoir.
Enfin Colbert présenta, en 1664 , à LouisXIV le plan d’une Compagnie des Indes. LaFrance avoit alors une agriculture si florissante& une industrie si animée, qu'il sembloit quecette branche du commerce lui fût inutile. Sonministre pensa autrement. II prévit que les nationsd’Europe établiroient à son exemple des ma-nufactures de toute espece, & qu’elles auroientde plus que la France leurs liaisons avec l’Orient.