PHILOS. ET POLITIQUE 8z
ÍIs n’y trouvèrent ni hommes, ni quadrupèdes,& n’v formèrent aucun établissement. La plusoccidentale de ces isles, qu’ils avoient nomméesMascarenhas, servit d’asyle vers l’an 1665 kquelques François établis auparavant à Madagas-car. Leur nouvelle patrie leur offroit un espa-ce de soixante milles de long fur quarante-cinqde large, oh il y avoit peu de plaines & beau-coup de montagnes. Us y élevèrent d'abord destroupeaux; ensuite iís cultivèrent des grainsd’Europe, les Fruits de l’Asie & de l’Afrique,quelques végétaux propres à ce doux climat.La santé, l‘aisancé,la liberté dont ils jouissoient,déterminèrent plusieurs matelots des vaisseauxqui y alloient prendre des rafraîchissemens, à sejoindre à eux. L'industrie augmenta avec la popu-lation. En 1718, on tira d’Arabie quelques piedsde café, qui fe multiplièrent utilement, quoiquele fruit eût beaucoup perdu de son parfum.Leur culture, ainsi que les autres travaux pé-nibles, devinrent le partage des esclaves qu’onitiroit des côtes d’Afrique ou de Madagascar.Alors, rifle Mascarenhas qui avoit quitté sonnom pour prendre celui de Bourbon, devintpour la compagnie un objet important. Sa po-pulation en 1763 étoit de 4627 blancs & dé15149 noirs. 8702 bœufs, 4084 moutons,7405 chevres, 7619 cochons, formoient sesF 2