FHILOS. ET POLITIQUE. 337
réglée. Mais quand on ajoute aux vices de sonclimat & de ses mœurs , les vices corrupteurs desclimats ob l’on aborde; comment résister à cedouble principe de destruction ?
En supposant même que le commerce des In-des dût coûter à l’Europë autant d’hommes quel’on prétend qu’il en absorbe ou qu’íl en fait pé-rir, est - il bien certain que cette perte n’est pasréparée & compensée par les travaux dont il estla source, & qui nourrissent, qui multiplient lapopulation? Les hommes dispersés fur les vais-seaux qui voguent vers ces parages, n’occupe-roient-ils pas fur la terre une place qu’ils laissentà remplir par des hommes à naître? Qu’on jet-te un regard attentif fur le grand nombre d’ha-bitans qui couvrent le territoire resserré des peu-ples navigateurs, & l'on fera convaincu que cen’est pas la navigation d’Asie, ni même la navi-gation en général, qui diminue la population desEuropéens, mais qu’êlle feule balance peut-êtretoutes lés causes de dépérissement & de décaden-ce dé l’espece humaine. Rassurons encore ceuxqui craignent que le commerce des Indes nediminue les occupations & les profits de notreindustrie.
Quand il seroit vrai que cette communicationauroit arrêté quelques - uns de nos travaux, à. combien d’autres n’a-t-elle pas donné naissance?La navigation lui doit une grande extension.
Tome. II. Y