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Tome second.
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84 - HISTOIRE

L’argent même que l’Inde reçoit de nous neforme pas une auílì grosse somme qu’on scroittenté de le croire, en voyant la quantité im-mense de marchandises que nous en tirons. Leurvente annuelle s’éleve depuis quelque tems àcent cinquante millions. En supposant qu’ellesn’ont coûté que la moitié de ce qu’elles ont pro-duit, il devroit être passé dans l’Inde pour leurachat soixante-quinze millions, fans compter ceque nous aurions dû y envoyer pour dos établis-semens. On ne craindra pas d’assurer, que de-puis quelque tems toutes les nations réunis del’Europe n’y portent pas apnuellement au delàde vingt-quatre millions. Huit millions sortentde France, íìx millions de Hollande, trois mil-lions d’Angleterre, trois millions de Danemarck,deux millions de la Suede, & deux millions duPortugal. II faut donner de la vraisemblance à cecalcul.

Quoiqu’en général les Indes n’aient nul besoin,ni de nos denrées, ni de nos manufactures, el-les ne laissent pas de recevoir de nous, en fer,en plomb, en cuivre, en étoffes de laine, enquelques autres articles moins considérables, pourla valeur du cinquième au moins de ce qu’ellesnous fournissent.

Ce moyen de payer est grossi, par les res-sources que les Européens trouvent dans leurspossessions d'Asie. Les plus considérables, de.