348 HISTOIRE
sommer de leurs manufactures, celle enfin, qu’jjla faveur d’un grand fleuve, leur pavillon pou-voir le plus aisément tenir dans leur dépendan-ce. Ils ont vaincu, & ils fe flattent de jouirlong - tems du fruit de leurs victoires.
Leurs succès, ceux des François, ont confon-du toutes les nations. On comprend fans peinecomment des isles abandonnées à elles-mêmes,fans aucune liaison avec leurs voisins, fans avoirnil’art, ni les moyens de sc défendre, ont puêtre fubjugées. Mais des victoires remportées denos jours, dans le continent, par cinq ou sixcens Européens, fur des armées innombrablesde Gentils & de Mahométans, instruits la plu-*fart dans les arts de la guerre, causent un éton-nement dont on ne revient pas. Les esprits de-vroient être cependant préparés de loin à ces é-tranges fceqes.
A peine les Portugais parurent dans l’Orient,qu'un petit nombre de vaisseaux & de soldats ybouleverseront les royaumes. II ne fallut que ré-tablissement de quelques comptoirs, la construc-tion de quelques forts, pour abattre les puissan-ces de l’Inde. Lorsqu’elles cesserent d’être oppri-mées par les premiers conquérans, elles le furentpar ceux qui les chassoient & les remplaçoient.L’histoire de ces délicieuses contrées, cessa d’êtrePhistoire des naturels du pays; & ne fut plus quecelle de leurs tyrans.