PHILOS. ET POLITIQUE. 357
tiauelles, des maladies fans nombre, le défautde subsistances, cent autres causes d’une mortInévitable, réduiroient les conquérans arien,quand même les troupes qui les harceleroientne leur feroient courir de dangers d’aucune ef-pece.
Supposons cependant, si l’on veut, que dixmille soldats Européens ont parcouru, ont ravagél’inded’un bout à "autre, qu’en réfultera-t-il? Cesforces fuffiront-elles pour assurer la conquête,pour contenir chaque peuple, chaque province,chaque canton; & si elles ne suffisent pas, qu’oanous dise de quelle augmentation de troupes onaura besoin ?
Qu’on admette la domination solidement éta-blie , la situation du conquérant ne fera pas beau-coup meilleure. Les revenus de l’Indostan fe-ront absorbés dans l’Indostan trê-ne. II ne resteraà la puissance de I’Europe qui aura conçu ce pro-jet d’ufurpation, qu’un grand vuide dans fa po-pulation, & la honte d’avoir embrassé des chi-mere§.
La question que nous venous d’agiter est de-venue assez inutile, depuis que les Européensont travaillé eux-mêmes à rendre leurs succèsdans l’Indostan plus difficiles. En associant àlotira jalousies mutuelles les naturels du pays,ils les ont formés à la tactique , à la discipline,Zux armes. Cette faute politique a ouvert lesZ3