PHILOS. ETPOLITIQUE. srZ
Cependant, Futilité politique , la nécessitémême, des dettes des colonies envers la mé-tropole, ne déchargent pas'le particulier dc l’o-bligation d’acquitter ses engagemens. Le malqui est une fuite, un effet, souvent môme unecause du bien , ne justifie ou n’excuse jamaisz'homme qui le commet. II est indifférent pourl’état, qu’une certaine masse de richesses soitdans les mains de tels ou tels citoyens; mais iln’est jamais utile *m bien public, que person-ne se croie dispensé de payer ses dettes. Lefisc, lui-même, s’il s’est engagé , doit se libé-rer par les voies & les réglés de la justice. Labanqueroute publique de l’état, est un scan-dale, une atteinte plus funeste encore à la mo-rale de la société, qu’à la fortune des citoyens.Un jour viendra que toutes ces iniquités se-ront citées au tribunal des nations, .& que laPuissance qui les commet, fera elle-mcme ju-gée par ses victimes. Les dettes de PAmériquodoivent donc être acquittées ; mais insensible-ment, & non par des secousses violentes. Tan-dis que les anciennes se liquideront, il s’enformera de nouvelles, qui continueront, pourainsi dire, cette chaîne de dépendance, où lesfortunes de l’Europe se trouvent attachées auxfortunes de ses colonies. C’est par les voies ju-diciaires, qu’il faut satisfaire les créanciers ducommerce des isles. La justice réelle est uni-
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