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Tome cinquieme.
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HISTOIRE

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laisseraient pas tranquillement enchaîner parquelques huissiers, & ils se disperseraient bienvite, si on arrivoit en force sur leur habita-tion. Voudrait-on les arrêter dans les bourgs,dans les villes où ils vont vendre des denrées ?Bientôt il n’y en paraîtrait plus, .& la disettedeviendrait la suite d’une désertion presqueuniverselle.

Quand on surmonterait ces difficultés, l’ex-pédient dont il s’agit ne ferait pas moj^s à re-jetter, parce qu’en assurant le payement d’unseul créancier, il entraînerait la ruine de plu-sieurs. Les moindres sucreries occupent soixan-te ou soixante-dix esclaves dans les bonnes ter-res, & jusqu’à quatre-vingt ou cent dans lesmédiocres. On n’en peut diminuer le nom-bre, fans arrêter ^exploitation. II suffit de sai-sir quinze ou vingt noirs fur une habitation,pour anéantir une culture importante, pourfaire languir un capital de cinquante ou centmille écus, pour rendre tout-à fait insolvableun colon très intelligent. On dira peut-êtreque ce propriétaire forcé de vendre, feraitremplacé par un acquéreur, qui remettraitl’habitation dans toute fa valeur. Mais person-ne n’ignore qu’il n’y a pas assez de numérairedans les iíles pour payer comptant ; qu’on n’yachete qu’à un crédit très long, qtq laisse en-core l’espérance tacite d’obtenir des délais.