PHILOS. ET POLITIQUE. 24g
me, les auroient empêchés d’y recouvrer lesbonnes mœurs & l’estime publique. Mais dansune nouvelle terre, où Pexpérience du vicepouvoit devenir pour eux une leçon de sages-se, où ils n’avoient a effacer aucune impres-sion de leurs fautes, ils trouvèrent après lenaufrage, une planche qui les ramena au port.Leur travail répara les désordres de leur con-duite; & des hommes sortis de l’Europe enbrigands qui la deshonoroient, y retourneronthonnêtes, & furent d’utiles citoyens.
Tous ces divers colons eurent k leur dispo-sition, pour défricher & cultiver leurs terres,les scélérats des trois Royaumes d’Angleterre,qui pour des crimes capitaux avoient mérité lamort; mais que par un esprit de politique hu-maine & raisonnée, on faisoit vivre & travail-ler pour le bien de la nation. Transportés auxisies, où ils dévoient passer un certain nombred’années dans l’efclavage; ces malfaiteurs con-tractèrent dans les fers le goût du travail , &des habitudes qui les remirent fur la voie deía fortune. On en vit qui rendus à la fociét?par 1a liberté, devinrent cultivateurs, chefs defamille, & propriétaires des meilleures habi-tations : tant cette modération dans les loixpénales, si conforme k la nature humaine quiest foible & sensible, capable du bien mêmeaprès le mal, s’accorde avec l’intérêt des Etatscivilisés ! Q 5