PHILOS. ET POLITIQUE. 267
des droits sacrés de la nature, que jalouse dcson autorité, détourne les yeux d'un attentatque fa vigilance auroit dû prévenir, mais dontl’dquité ne lui permettoit pas de tirer vengean-ce. Ce n’est que la tyrannie, qui après avoirexcité la rébellion, veut l’éteindre dans le sangdes opprimés. Le Machiavélisme, qui enseigneaux Princes l’art de se faire craindre & détes-ter, leur ordonne d’étouffer les victimes dontles cris importunent. L’humanité prétérit aux;Rois la justice de la législation, la douceurdans ^administration, la modération pour nepas occasionner les soulevemens, & la clément-ce pour les pardonner. La Réligion ordonneP obéissance aux peuples; mais avant tout, Dieucommande auxs Princes l’équité. S’ils y man-quent , cent mille bras, cent mille voix s’éle-veront contre un seul homme , au jugementdu ciel & de la terre. Les iûes de P Améri-que ont vengé quelquefois l’autorité des Rois& le droit des peuplés, contre les Gouverneursqui, par une double trahison, abusoient d unom du Prince pour opprimer une nation. An-tigoa sera célébré dans Phistoire, par cet exem-ple terrible de justice. Du reste, cette ifle esttrop bornée ; mais Montserrat est encore moinsconsidérable.
C est une isle à laquelle les Espagnols, quiia reconnurent en 1493 fans Phabiter, donne-
XLiir.Etablisse-ment desAnglois àMontserrat.'